Le médecin d'Henri IV n'était pas juif

4. Le médecin d'Henri IV n'était pas juif.




C'est pour cela qu'il commençait ses auscultations en cherchant d'abord la "Marque du Diable", pour le faire sans doute sortir du corps de son patient par des exorcismes. Mais passons plutôt la plume à deux hommes sérieux. Moi, on ne me croirait pas, on croirait que je raconte encore une histoire de Juifs. 
J.C.Lauret & R.Lasierra, écrivent dans leur ouvrage sur l'Histoire de la Torture et des Tortionnaires, intitulé "LA TORTURE ET LES POUVOIRS" (éditions Balland, Paris 1973, page 130) : 

Citation:
"Jacques Fontaine - médecin d'Henri IV - écrit en 1611, dans un ouvrage intitulé DES MARQUES DES SORCIERS ET DE LA RÉELLE POSSESSION QUE LE DIABLE PREND SUR LES CORPS DES HOMMES, dans lequel le praticien s'élève contre certains de ses confrères qui osent exprimer quelques doutes : 
"Ceux qui disent qu'il est difficile de distinguer les marques du Diable de défauts naturels, d'un furoncle ou d'un impétigo, montrent clairement qu'ils ne sont pas des bons médecins"".

"Voici qui est clair et net", ajoutent Lauret et Lasierra, "la méthode continue d’être utilisée jusqu'au XVIIme siècle. Le Père Gaufridi, accusé d'avoir envoûté les religieuses d'un Couvent d'Aix en Provence, en fera l'atroce expérience".
Notons qu'il s'agit là de 1611, onze ans avant la naissance de Molière, qui les immortalisa sous le nom de Diafoirus. 
Ne seraient-ce pas deux Saints authentiques qui inspirèrent au "médecin" d'Henri IV cette "marque du diable"? Le premier pourrait bien être le grand Saint Augustin, précurseur de la méthode du pharmacien français Emile Coué, apôtre de la méthode de guérison par autosuggestion. Il faudrait tout de même reconnaître ici qu'il y a tant de malades imaginaires que le Dr Coué n'avait pas tout à fait tort. Saint Augustin n'était pas un imaginaire, mais le plus grand cerveau de la chrétienté durant le moyen âge. Mille cinq cents ans avant le Dr Coué on pouvait lire dans ses Confessions adressées au bon Dieu : 

Citation:
"Vous m'infligiez alors des maux de dents qui s'étaient aggravés au point de m'empêcher de parler. Il me vint à l'esprit de demander à tous mes amis présents de vous prier pour moi, Dieu source de tout salut. J'écrivis mon désir sur une tablette et je la leur donnai à lire. A peine avions nous fléchi les genoux dans un sentiment de supplication que la douleur disparut".(1)

Pourquoi faire des dentistes et des médecins alors? N'est-ce pas plus simple de faire une prière pour faire venir le bon Dieu ou faire des exorcismes pour faire partir Satan. Au diable donc le païen Hippocrate et ses suppôts juifs ou arabes. 
Saint Augustin commit un autre péché contre Hippocrate. Quoiqu'il ait commencé sa carrière laïque comme professeur de rhétorique romaine, une fois christianisé par sa maman, chrétienne avant lui, il chercha tout ce qu'il pouvait bien dire de mal de ses idoles du passé. Il commença alors par les statues des païens, qu'il trouvait immorales parce qu'elles reproduisaient les sexes tels que le bon Dieu les donna aux hommes et aux animaux. "Retirez de ma vue ces objets que mes yeux ne sauraient voir", disait un autre. Comme il fut le plus grand des Pères de l'Eglise, on interpréta cela en exagérant sa pensée, le moindre effort étant le propre de l'homme. C'est ainsi que du peuple de tous les Germains, dont la propreté faisait l'admiration des Romains tel que Tacite, on fit un peuple crasseux par "pudeur" durant tout le moyen âge et jusqu'à une époque récente, au début du 20ème siècle. La romancière sino-belge Han Su Yin écrit, par exemple, dans THE CRIPPLED TREE, que sa mère (belge) élevée dans un Couvent fréquenté par des filles de la "bonne société", lui racontait que quand elles allaient (pas souvent) sous la douche, elles devaient se laver en chemise de nuit, bien qu'il n'y ait eu que des filles à ces douches. On comprend alors la Religieuse de Diderot. Cela donne des idées de n'avoir pas le droit de voir... 

Le deuxième grand Saint qui pourrait avoir inspiré le "médecin" d'Henri IV, pourrait bien être Saint Grégoire de Tours, évêque de cette ville, historien et théologien du VIme siècle. Ne goûtant pas la présomption d'Hippocrate, ce sans Dieu, qui voulait "éliminer de la médecine les explications surnaturelles", il écrit : 
"Que peuvent les médecins avec leurs instruments qui servent plutôt à produire la douleur qu'à l'adoucir? Notre Cher Sauveur, par contre, n’a qu’un seul instrument d'acier, c'est Sa Volonté, une seule pommade, Sa puissance curative".(2)

BASILE Y. 


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1/. LES CONFESSIONS, Livre IX, fin du chapitre IV.
2/. Cité par Sigrid Hunke, dans "ALLAHS SONNE ÜBER DEM ABENDLAND" 
éditions Deutsche Verla-Anstalt, Stuttgart 1967, p.p. 112-115 

Web : basile-y.com 
© 1999 Copie autorisée si sans modification et si auteur Basile Y. cité 
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