Le Prophète (sws) était-il Juif ? Ou a-t-il reçu l’enseignement d’un rabbin ou d’un judéo-chrétien ?

Le Prophète (sws) était-il Juif ou reçu t’il l’enseignement d’un rabbin ou encore d’un judéo-chrétien ?


Collectif Sahab-ed-Dine

Création : 21/08/2010

Modification : 29/08/2010



I. Introduction

Le but de cet article est de répondre à deux allégations concernant le Prophète Muhammad (sws). Certains chercheurs parmi les orientalistes prétendent que le message de l’Islam ressemble à celui du Judaïsme, il en résulterait à priori deux possibilités :

1) Soit le Prophète de l’Islam (sws) était juif
2) Soit il aurait reçu son enseignement de la part d’un rabbin

Ils considèrent que 90% du Coran est issu de la Bible (des textes juifs) et 10% des apocryphes (livres non reconnus authentiques pour faire parti du Canon Biblique).

Avant de passer à la réfutation, il nous faut explorer quelques critères scientifiques.
Quels sont-ils ? Les savants musulmans les ont résumés en affirmant ceci :

Si tu rapportes une information, il faut en vérifier l’authenticité et si tu parles d’une prétention, il faut en apporter la preuve

Cette affirmation des savants de l’Islam repose sur deux parties.

A/ La première partie se réfère aux informations rapportées.

Exemple : “Il y a eu en 2010 d’importantes inondations au Pakistan” ou encore “L’Espagne a gagné la coupe du monde 2010”.

Comment puis-je m’assurer de l’authenticité de ces affirmations ?

Ainsi, les savants musulmans ont défini ce qu’on appelle “la science de la terminologie des récits(‘Ilm Mustalah al-Hadith). C’est-à-dire que pour s’assurer de l’authenticité d’un récit, il faut tout d’abord en examiner sa chaîne de transmission.

Qui le rapporte ? Est-il fiable ? Par qui est il rapporté ? Et cette autre personne est-elle fiable ? L’information est elle rapportée fidèlement par plusieurs personnes dont on ne peut douter sur le fait qu’elles se soient concertées pour fomenter un mensonge, si tel est le cas, elle doit alors être acceptée. Et dans le cas contraire, elle est rejetée, car il y a un doute sur l’authenticité des propos rapportés. En réalité, cette science, telle qu’elle a été définie par les savants musulmans est plus complexe que cela, c’est pourquoi nous renvoyons le lecteur vers les ouvrages adéquats.

B/ La deuxième partie de la sentence se rapporte aux prétentions, qu’on ne peut bien évidemment vérifier par les chaînes de transmission. Il faut nécessairement éprouver par l’observation et l’expérience.

Exemple : “la Terre tourne autour du Soleil”.

Pour vérifier la validité de ces rapports, il faut que je les teste moi-même afin d’observer la véracité de ces affirmations.

La méthode scientifique ne sort pas de ces cadres-ci. Il nous faut donc maintenant analyser scientifiquement ces affirmations.

Dans l’article qui nous concerne, il est bien évident que pour affirmer que le Prophète Muhammad (sws) était juif ou qu’il aurait reçu l’enseignement d’un juif, il nous faut vérifier le critère ‘A’ défini précédemment, c’est-à-dire analyser les sources en faveur de cette hypothèse ou théorie.

Est-ce que les chercheurs prétendant que le Prophète (sws) disposent de sources authentiques remplissant les conditions exigées ? Se basent-ils sur des rapports fiables ou se contentent ils de conjecturer ?

Nous allons, insha’Allah (swt), démontrer scientifiquement que leurs prétentions ne sont basées que sur du vent.


II. Le Prophète (sws) était-il juif ?

La première source historique concernant le Prophète de l’Islam (sws) est le Coran, cela fait l’unanimité parmi la communauté scientifique. Pourtant, il semblerait que nos détracteurs ne l’aient pas réellement lu, sinon ils auraient pris en compte les versets suivants :

ولو نزلناه على بعض الأعجمين فقرأه عليهم ما كانوا به مؤمنين


Traduction approchée :

Si Nous l'avions fait descendre sur quelqu'un des non-Arabes, et que celui-ci le leur eut récité, ils n'y auraient pas cru.

Saint-Coran, Sourate Ach-Shu’arâ 26,198-199


ولو جعلناه قرآنا أعجميا لقالوا لولا فصلت آياته أأعجمي وعربي قل هو للذين آمنوا هدى وشفاء والذين لا يؤمنون في آذانهم وقر وهو عليهم عمى أولئك ينادون من مكان بعيد


Traduction approchée :

Si Nous en avions fait un Coran en une langue autre que l'arabe, ils auraient dit : «Pourquoi ses versets n'ont-ils pas été exposés clairement ? quoi ? Un [Coran] non-arabe et [un Messager] arabe ? » Dis : «pour ceux qui croient, il est une guidée et une guérison». Et quant à ceux qui ne croient pas, il est une surdité dans leurs oreilles et ils sont frappés aveuglement en ce qui le concerne; ceux-là sont appelés d'un endroit lointain.

Saint-Coran, Sourate Fussilat 41,44

Ces versets prouvent de manière incontestable l’arabité et non la judéité du fondateur de l’Islam. De plus, le Coran confirme sans détour l’arabité du Messager d’Allah (sws). Et que dire des innombrables versets qui insistent sur l’arabité du texte Coranique (Coran 12,2 ; 13,37 ; 16,103 ; 20,113 ; 26,195 ; 39,26 ; 41,3 ; 42,7 ; 43,3 ; 46,12) ?

Serait-il logique qu’un juif produise une littérature religieuse arabe et se déclare lui-même arabe dans cette dernière sans que personne ne s’en rende compte ?

De plus, la tradition islamique n’est pas en reste. On sait de source sûre qu’il fût appelé “al-Amine(c’est-à-dire “l’Honnête”) par ses compatriotes [cf. Sîra Ibn Ishâq, traduit par ‘Abdurrahmân Badawî, éditions al-Bouraq, tome I, p.149]. Pourquoi, dans ce cas, mentirait-il sur son origine sachant qu’il était connu pour son honnêteté ? Et pourquoi ses contemporains n’ont-ils pas fait de remarques sur ses origines ?
Tout simplement parcequ’ il était bel et bien arabe comme sa généalogie en témoigne.

Le savant Ibn Kathir (raa) rapporte dans la Sîra du Prophète (sws) [tirée de son encyclopédique “al-Bidaya wal Nihaya”], ceci :

Et dans le Sahîh de Muslim, d’après Wâthila Ibn El-Asqa’, il est dit :

le Messager d’Allah (sws) a dit : “Allah a élu parmi les enfants d’Abraham, Ismaël ; Il a élu, parmi les enfants d’Ismaël, les Banou Qinâna ; Il a élu, parmi les Banou Qinâna, Koreïch ; Il a élu, parmi les koreïchites, les Banou Hâchim, et Il m’a élu parmi les Banou Hâchim.


Source : Ibn Kathir, As-Sîra : la biographie du Prophète Mohammad (sws), les débuts de l’Islam, traduction de Messaoud Boudjenoun, éditions Universel, p.127


Le hadith que rapporte Ibn Kathir (raa) dans sa Sîra est tiré du Sahih de l’Imâm Muslim (raa) :

إن الله اصطفى كنانة من ولد إسماعيل . واصطفى قريشا من كنانة . واصطفى من قريش بني هاشم . واصطفاني من بني هاشم

Source : Sahih Muslim, hadith°2276


Comme nous pouvons le voir, ce hadith authentique rapporté par l’Imâm Muslim (raa) et utilisé par al-Hafiz Ibn Kathir (raa) dans sa biographie du Prophète (sws), affirme que Muhammad (sws) a dit, de sa propre bouche, qu’il descendait d’Ismaël (as). Il confirme donc son arabité.

Quand Muhammad (sws) lui-même affirme qu’il n’est pas juif, pourquoi des chercheurs (ou affabulateurs) du 21ème siècle  viendraient-ils le contredire ? Ont-ils une source authentique étayant leurs prétentions ?

Malheureusement, il semblerait qu’ils ne soient pas en mesure de nous présenter une seule source fiable sur la question, et pour cause, elle n’existe tout simplement pas!

L’Imâm Al-Bukhârî (raa) rapporte dans son Sahih le hadith d’Abou Sufyan qui fut interrogé par Héraclius sur le Prophète (sws). Cette histoire se passa bien avant la conversion d’Abou Sufyan à l’Islam et à l’époque, il était animé d’une animosité particulière envers le Prophète Muhammad (sws). Parmi les questions posées à Abou Sufyan par Héraclius au sujet de Muhammad (sws), se trouva la question suivante : Quel rang sa famille occupe-t-elle parmi vous ? Abou Sufyan répondit alors que la famille du Prophète (sws) jouissait d’une grande considération parmi son peuple.
Héraclius détailla, plus loin dans le hadith, l’objectif de ses questionnements, et il dit entre autre : “Je t’ai interrogé sur sa famille et tu m’as répondu qu’il était de bonne naissance. Or, les envoyés de Dieu ont toujours été choisis parmi les plus nobles du peuple chez lequel ils remplissent leur mission”. C’est ensuite qu’il demanda qu’on lui lise la lettre de l’Envoyé de Dieu (sws).

Le récit est ensuite complété par Ibn an-Nâzûr, gouverneur de Ilya’, ami d’Héraclius et évêque des chrétiens de Syrie. Il rapporte qu’Héraclius eut une vision dans laquelle il voyait l’avènement du prince des circoncis, il demanda à ses courtisans quelles nations pratiquaient la circoncision, ce à quoi on lui répondit qu’il s’agissait des juifs.  C’est alors qu’un de ses messagers lui apprit l’apparition d’un homme parmi les arabes se prétendant être le Messager de Dieu. Il demanda alors confirmation à son entourage concernant la circoncision des Arabes. On lui répondit par l’affirmative. C’est alors qu’Héraclius s’exclama : “Ce que j’avais vu, c’était donc l’avènement au pouvoir de ce peuple”.

Source : Sahih Al-Bukhârî, hadith n°7

Ce récit est révélateur, et on le voit bien, Héraclius connaissait l’arabité du Prophète Muhammad (sws) et fît bien la distinction entre les deux peuples qui se faisaient circoncire (les juifs et les arabes) à son époque.

Voilà donc la confirmation, par un contemporain du Prophète (sws), de l’arabité de ce dernier.

Les sources historiques confirment donc l’arabité du Messager de Dieu (sws), aux affabulateurs d’apporter leurs preuves pour confirmer leurs dires!


III. Le Prophète (sws) a-t-il reçu l’enseignement d’un rabbin ou d’un judéo-chrétien ?

Certains parmi les orientalistes prétendent que le Prophète Muhammad (sws) aurait reçu son enseignement de la part d’un rabbin bien qu’ils ne soient pas tous d’accord sur l’identité de ce dernier. Voici les 4 noms retrouvés le plus souvent dans leur littérature :

1) Le moine Bahira

2) Waraqa Ibn Nawfal

3) ‘Abdullah Ben Sallam

4) Ka’b al-Ahbâr


Rappelons quelques points importants:

- Aucun rabbin n'aurait pris les figures de Marie (“une femme adultère”, dans les Talmuds de Babylone et de Jérusalem) et de Jésus (“un magicien”, dans les Talmuds de Babylone et de Jérusalem) pour les inclure dans un nouveau livre. Un rabbin qui introduit Marie et Jésus (as) dans la révélation biblique n'est, par définition, ni rabbin, ni juif.

- Aucun rabbin n'appellerait Jésus (as) "le Messie".

- Un rabbin "converti à la secte judéo-chrétiennes des ébionites" n'est plus un rabbin et quitte le peuple et la croyance juive rabbinique dès qu'il dit autre chose que "Jésus, le magicien".

Malgré cela, acceptons leur ineptie et analysons la :

1) Le moine Bahira

Le Prophète Muhammad (sws) rencontra le moine Bahira lors de son voyage en Syrie lorsqu’il avait 12 ans. Rencontre qu’Ibn Kathîr (raa) nous relate dailleurs dans sa Sîra an-Nabawiyyah :

Lorsque le Prophète (sws) avait atteint l’âge de douze ans, il partit en compagnie de son oncle Abû Tâlib en Syrie, dans une caravane de commerçants. Ils furent les hôtes du moine Bahira qui confia à Abû Tâlib ce qu’il lui confia en lui recommandant de prendre soin de lui. Abû Tâlib le ramena alors à la Mecque.


Source : Ibn Kathir, As-Sîra : la biographie du Prophète Mohammad (sws), les débuts de l’Islam, traduction de Messaoud Boudjenoun, éditions Universel, p.163


Le moine Bahira était chrétien et non juif. Il ne peut donc s’agir d’un rabbin. A savoir qu’à la suite de ce voyage, le Prophète (sws) ne le revit jamais plus.
Son séjour en Syrie fut bien trop court pour lui permettre d’apprendre quoi que ce soit de ce Bahira. De plus, qu’aurait il pû retenir de tout ceci alors à peine agé de 12 ans à l’époque ?

Est-il logique de soutenir que le Prophète (sws) puisse avoir retenu un quelconque enseignement de ce moine durant plus de 28 ans jusqu’à son avènement à l’âge de 40 ans alors que leur rencontre se passa en un laps de temps aussi court? Totalement grotesque !

Au sujet de la rencontre avec Bahira, le Shaykh al-Mubârakfurî a dit :

Il [le moine Bahira] demanda aussi à Abû Tâlib de ramener immédiatement son neveu à La Mecque et de ne pas le conduire en Syrie parce que s’y trouvaient des juifs qui pourraient lui vouloir quelque mal. Abû Tâlib le fit alors raccompagner à La Mecque par ses serviteurs.”


Sources : Ibn Hishâm 1/180-183 ; Ibn al-Qayyim dans Zâd al-Ma`âd, 1/17 ; Al-Mubârakfurî dans Ar-Rahiq al-Makhtoum (le Nectar Cacheté), éditions Maison d’Ennour, 2003, p.72.


Ceci prouve que cette rencontre fut très rapide. Dans de telles conditions, comment envisager un enseignement pratique entre les deux protagonistes ? Cela relèverait du domaine de la fiction !

Les orientalistes prétendent que ce moine était nestorien et qu’il aurait influencé le Prophète (sws). Nous avons vu que la courte durée de leur rencontre, ainsi que le jeune âge de Muhammad (sws) ne plaident pas en leur faveur. De plus, le nestorianisme est une doctrine radicalement opposée à celle que le Coran nous enseigne.

Nous lisons :

Le nestorianisme est une doctrine se réclamant du christianisme et affirmant que deux personnes, l'une divine, l'autre humaine, coexistaient en Jésus-Christ. Cette thèse a été à l'origine défendue par Nestorius (né vers 381 - mort en 451), patriarche de Constantinople(428-431). [...] En fait, le désaccord se concentre sur le refus par les « nestoriens » du principe de la « communication des idiomes » (la possibilité d'attribuer à chaque nature du Christ ce qui relève de l'autre nature) : ainsi, les « nestoriens » refusent qu'on appelle la Vierge Marie Mère de Dieu (Theotokos) parce qu'elle n'est pour eux que la mère de l'homme Jésus, ou qu'on dise que « Dieu a souffert et a été crucifié » parce que seule la nature humaine de Jésus, selon eux, a subi ces épreuves (mais elle les a subies « unie à sa divinité », précise Babaï) ; les « nestoriens » pensent que cette « communication des idiomes » conduit au théopaschisme, qu'ils refusent.


Source : wikipédia


L’Islam réfute clairement la doctrine nestorienne. Jésus (as) n’est qu’un envoyé et serviteur de Dieu, il ne possède qu’une seule nature et elle est humaine. De plus, il n’a été ni tué, ni crucifié pour le Coran, ce qui n’est pas le cas dans le nestorianisme.
Si Muhammad (sws) avait été influencé par la doctrine nestorienne, il serait logique de la retrouver dans le Coran. Or, nous ne la retrouvons pas.

2) Waraqa Ibn Nawfal

C’est la thèse soutenue par beaucoup d’auteurs, dont par exemple Abu-Mussa al-Hariri, qui pense que Waraqa est l’auteur du Coran. Waraqa Ibn Nawfal était le cousin paternel de Khadija Bint Khouwaîlid, la première épouse du Prophète (sws) [cf. Sîra Ibn Ishâq, traduit par ‘Abdurrahmân Badawî, éditions Al-Bouraq, tome I, p.144].

Le Hadith n°3 du Sahih d’al-Bukhârî nous apprend que Waraqa Ibn Nawfal était chrétien, connaissait l’hébreu et avait pour habitude de retranscrire l’évangile dans cette langue.

Les orientalistes concluent donc que Waraqa Ibn Nawfal fut sûrement le mentor du Prophète (sws). Cette extrapolation de leur part mérite plus ample réflexion :

1) Waraqa n’eut vent de la Prophétie de Muhammad (sws) que lorsque ce dernier en informa son épouse.

2) Waraqa décéda très peu de temps après que les 5 premiers versets du Coran furent révélés, il ne put donc pas avoir inspiré la totalité du texte coranique, ni même ces 5 versets, puisqu’il n’en fut informé qu’après la Révélation.

3) Il n’existe pas de source affirmant que Waraqa ait prit quelque disciple que se soit, ni même qu’il ait fondé une école.

4) Waraqa ne retranscrivait l’évangile qu’en hébreu.. A supposer que le Prophète (sws) ait été influencé par ce dernier, pourquoi retrouve-t-on dans le Coran des récits qui n’existent dans aucun des évangiles et, qui plus est, dans une langue différente de l’hébreu les contredisant par la même occasion ?

5) Waraqa est considéré par les orientalistes comme étant un ébionite bien qu’aucune source historique n’aille dans ce sens. Les ébionites sont à l’origine une secte judéo-chrétienne qui pratiquaient encore la loi de Moise (as) tout en acceptant le Christ (as). Il n’en demeure pas moins qu’ils en restent chrétiens et non juifs.

Dans notre contexte, Waraqa est mort l’année de la Révélation, or le Coran contient d’innombrables passages (pour ne pas dire la totalité du texte!) qui parlent de faits postérieurs à Waraqa (comme la bataille de Badr, Ouhoud, Hunayn, la prédiction de la victoire des Romains sur les Perses, l’institution de la prière, de la Zakat, du pélerinnage, etc.). A cela, nous y voyons deux possibilités :

a) Soit le Prophète (sws) apprit l’intégralité du Coran avant la Révélation et cela supposerait que Waraqa possédait des dons de prophéties incroyables, puisque le Texte Sacré parle d’évènements postérieurs à sa mort !


b) Soit le Prophète (sws) se recueillait sur la tombe de Waraqa durant 23 années (sachant que lors de son expulsion de la Mecque cela n'était plus possible) afin que la révélation lui soit faite et qu’il soit à jour ! (sic !)


6) Le Coran réfute non seulement les textes antérieurs, mais accuse les juifs d’avoir falsifié leurs écrits. Comment Waraqa, qui serait ébionite selon les orientalistes (sans qu’ils puissent pour autant en apporter la moindre preuve), pourrait soutenir une telle accusation contre sa secte ? Le contraire aurait été plus adéquat !

Comment peut-on affirmer que Waraqa ait pû composer les écrits coraniques ou qu’il en ait influencé le Prophète (sws) après tout cela ?

3) ‘Abdullah Ibn Salam

‘Abdullah Ibn Salam est un savant juif converti à l’Islam dès l’arrivée du Prophète (sws) dans la ville de Médine. Il ne l’a jamais rencontré auparavant comme l’attestent les sources suivantes :

[1] Ibn Kathîr, As-Sîra : la biographie du Prophète Mohammed (sws) - Les débuts de l’Islam, éditions Universel, 2007, p.472-474

[2] Safiyyu Ar-Rahmân Al-Mubârakfûrî, Muhammad l’utitime joyau de la Prophétie, Nouvelle édition revue et corrigée, éditions Maison d’Ennour, 2006, p.253-254

[3] Muhammad Redha, Muhammad le Messager de Dieu, traduit de l’arabe par Hamza Lamine Yahiaoui, éditions Al-Maktaba al-’Asriyya, Saidâ / Beyrouth, 2009, p.426-428

[4] Martin Lings, Le Prophète Muhammad : sa vie d’après les sources les plus anciennes, édtions du Seuil, 1986, p.217

[5] Ibn Ishâq, Muhammad, traduit par ‘Abdurrahmân Badawî, éditions AlBouraq, tome I, p.420-422


Ce n’est que 13 années après le début de la Révélation qu’il fera la connaissance du Prophète (sws). Comment peut-on affirmer qu’il composa le Coran ou qu’il influença le Prophète (sws) ? Dans ce cas, qui a influencé le Prophète (sws) durant les 13 premières années de la Révélation ?

Le Prophète (sws) aurait il pu avoir pour enseignant un rabbin juif ? La réponse est évidente pour qui connaît un minimum le contexte de la Mecque et Médine: Il n’y avait pas de juifs à la Mecque.

Ce qui signifie que le Prophète n’a certainement pas pû reçevoir l’enseignement d’un rabbin. En effet, le Prophète (sws) n’a pu avoir de contacts réels avec des juifs qu’après l’émigration à Médine et ceci se produisit une dizaine d’années après le début de la Révélation.

On voit désormais l’absurdité des allégations de gens se prétendant être des spécialistes tels que Dennis Gotay pour ne citer que son exemple. Mr. Gotay n’apporte non seulement pas de preuves concrètes, mais en plus, use de non sens en prétendant qu’un juif médinois (‘Abdullah ibn Salam en l’occurrence) ait pu enseigner des sourates mecquoises au Prophète !

4) Ka’b al-Ahbâr

Un simple coup d’oeil sur la biographie de ce personnage permet de comprendre l’aberration étonnante des affabulateurs. A titre d’ exemple, regardons ce que rapporte l’Imâm al-Bukhârî (raa) dans son “Tarikh al-Kabir” sur ce personnage :

كعب بن ماتع الحبر ويقال الأحبار قال لي الحسن عن ضمرة عن بن عياش قال مات كعب لسنة بقيت من خلافة عثمان كنيته أبو إسحاق


Ka’b Ibn Mâti’, il est appelé “al-Ahbâr”. Al-Hasan m’a dit selon Damr’a selon Ibn ‘Iyâsh que Ka’b est mort durant l’année précédent le Califat de Uthmane. Sa Kunya (son surnom) est : Abou Ishâq.


Source : Imâm Al-Bukhârî, la Grande Histoire, biographie de Ka’b Al-Ahbâr, n°962


De même, le savant Ibn Taymiyya (raa) rapporte :

وكعب الأحبار إنما أسلم على عهد عمر بن الخطاب لم يدرك النبي واسمه كعب بن ماتع


Ka’b Ibn al-Ahbâr s’est converti sous le Califat de ‘Umar Ibn al-Khattab, et il n’a jamais rencontré le Prophète. Il s’appelle en réalité Ka’b Ibn Mâti’.


Source : Ibn Taymiyya, la réponse correcte à ceux qui changèrent la religion du Christ, partie 3


Le savant Ibn Kathir (raa), en parlant des récits israélites que l’on retrouve dans la tradition islamique, dit ceci au sujet de Ka’b al-Ahbâr :

فإن كعب الأحبار لما أسلم في زمن عمر كان يتحدث بين يدي عمر بن الخطاب رضي الله عنه بأشياء من علوم أهل الكتاب، فيستمع له عمر تأليفًا له، وتعجبًا مما عنده مما يوافق كثير منه الحق الذي ورد به الشرع المطهر، فاستجاز كثير من الناس نقل ما يورده كعب الأحبار لهذا


Quand Ka’b al-Ahbâr s’est converti à l’époque de ‘Umar, il parlait en présence de ‘Umar Ibn Al-Khattab (raa) de choses concernant les sciences des Gens du Livre. ‘Umar l’écoutais par courtoisie, et il étai surpris de ses idées parce que plusieurs de celles-ci sont conformes à la vérité de la “chari’a” purifiée. C’est pour cela que de nombreuses personnes ont accepté beaucoup de choses rapportées par Ka’b Al-Ahbâr.


Source : Ibn Kathir, le Commencement et la fin, Partie I, chapitre sur ce qui a été mentionné quant à la la création des cieux et de la terre et ce qui se trouve entre eux


En fait, les savants ne sont pas sûrs sur le moment de sa conversion. En effet, Ibn Hajar rapporte que les gens ont divergé sur celle ci, mais à quelle époque au juste était-ce ? celle d’‘Umar (raa) ou celle d’Abou Bakr (raa) ? en plus de divergences quant à sa provenance (le Yémen ou le Châm) ou encore sur l’année de son décès!
A ce sujet, certains prétendent, par exemple, qu’il serait mort en l’an 32 de l’Hégire sous le Califat de ‘Uthmane à l’âge de 104 ans. Malgré toutes ces divergences, il est certain que leur rencontre n’eut jamais lieu pour la simple et bonne raison que sa conversion date d’après la mort de celui-ci sous l’un des Califats.

Source : Ibn Hajar Al-'Asqalânî, Tahdhîb At-Tahdhîb, la lettre Kâf, n°795

Ka’b al-Ahbâr n’a jamais rencontré le Prophète (sws), comment peut on soutenir dans ce cas qu’il puisse lui avoir enseigné quoi que se soit ?

Se serait comme soutenir que Nicolas Sarkozy enseigna la politique à Bush Sénior...

Théorie qui ne tient donc pas la route!

IV. Conclusion

Au regard des sources authentiques tirées de la biographie prophétique, nous constatons donc que non seulement le Prophète (sws) n’a jamais été juif, ni meme le disciple d’un rabbin, mais qu’en plus, ceux qui lancent ce genre d’allégations ne font rien d’autre que révéler au grand jour leur ignorance de l’Islam et de ses sources.

Wa Allahou a’lem - Dieu Sait mieux ce qu’il en est !

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