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Ibn Mas'oud, les Mou'awidhatayne (sourates 113 et 114) et la préservation du Coran

Ibn Mas'oud, les Mou'awidhatayne (sourates 113 et 114)
et la préservation du Coran

Sâlik, Karim & Aymen
Écrit le : 16/06/2013
Modifié le : 25/08/2013



En cours de rédaction



II - Les sources de l'allégation


V - Analyse critique

VI - Conclusion



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Les hadîths qui vont contre cette histoire:



5002 - حَدَّثَنَا عُمَرُ بْنُ حَفْصٍ، حَدَّثَنَا أَبِي، حَدَّثَنَا الأَعْمَشُ، حَدَّثَنَا مُسْلِمٌ، عَنْ مَسْرُوقٍ، قَالَ: قَالَ عَبْدُ اللهِ رَضِيَ اللهُ عَنْهُ: «وَاللهِ الَّذِي لاَ إِلَهَ غَيْرُهُ، مَا أُنْزِلَتْ سُورَةٌ مِنْ كِتَابِ اللهِ إِلَّا أَنَا أَعْلَمُ أَيْنَ أُنْزِلَتْ، وَلاَ أُنْزِلَتْ آيَةٌ مِنْ كِتَابِ اللهِ إِلَّا أَنَا أَعْلَمُ فِيمَ أُنْزِلَتْ، وَلَوْ أَعْلَمُ أَحَدًا أَعْلَمَ مِنِّي بِكِتَابِ اللهِ، تُبَلِّغُهُ الإِبِلُ لَرَكِبْتُ إِلَيْهِ»

Boukhari 5002


114 - (2462) حَدَّثَنَا إِسْحَاقُ بْنُ إِبْرَاهِيمَ الْحَنْظَلِيُّ، أَخْبَرَنَا عَبْدَةُ بْنُ سُلَيْمَانَ، حَدَّثَنَا الْأَعْمَشُ، عَنْ شَقِيقٍ، عَنْ عَبْدِ اللهِ، أَنَّهُ قَالَ: {وَمَنْ يَغْلُلْ يَأْتِ بِمَا غَلَّ يَوْمَ الْقِيَامَةِ} [آل عمران: 161] ثُمَّ قَالَ: عَلَى قِرَاءَةِ مَنْ تَأْمُرُونِي أَنْ أَقْرَأَ؟ فَلَقَدْ «قَرَأْتُ عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِضْعًا وَسَبْعِينَ سُورَةً، وَلَقَدْ عَلِمَ أَصْحَابُ رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، أَنِّي أَعْلَمُهُمْ بِكِتَابِ اللهِ، وَلَوْ أَعْلَمُ أَنَّ أَحَدًا أَعْلَمُ مِنِّي لَرَحَلْتُ إِلَيْهِ» قَالَ شَقِيقٌ: فَجَلَسْتُ فِي حَلَقِ أَصْحَابِ مُحَمَّدٍ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، فَمَا سَمِعْتُ أَحَدًا يَرُدُّ ذَلِكَ عَلَيْهِ، وَلَا يَعِيبُهُ
Mouslim 2462


115 - (2463) حَدَّثَنَا أَبُو كُرَيْبٍ، حَدَّثَنَا يَحْيَى بْنُ آدَمَ، حَدَّثَنَا قُطْبَةُ، عَنِ الْأَعْمَشِ، عَنْ مُسْلِمٍ، عَنْ مَسْرُوقٍ، عَنْ عَبْدِ اللهِ، قَالَ: «وَالَّذِي لَا إِلَهَ غَيْرُهُ مَا مِنْ كِتَابِ اللهِ سُورَةٌ إِلَّا أَنَا أَعْلَمُ حَيْثُ نَزَلَتْ، وَمَا مِنْ آيَةٍ إِلَّا أَنَا أَعْلَمُ فِيمَا أُنْزِلَتْ، وَلَوْ أَعْلَمُ أَحَدًا هُوَ أَعْلَمُ بِكِتَابِ اللهِ مِنِّي، تَبْلُغُهُ الْإِبِلُ، لَرَكِبْتُ إِلَيْهِ»
*
Mouslim 2463


Dans Sounan an Nasai

5063 - أَخْبَرَنَا الْحَسَنُ بْنُ إِسْمَعِيلَ بْنِ سُلَيْمَانَ، قَالَ: حَدَّثَنَا عَبْدَةُ بْنُ سُلَيْمَانَ، عَنْ الْأَعْمَشِ، عَنْ أَبِي إِسْحَقَ، عَنْ هُبَيْرَةَ بْنِ يَرِيمَ، قَالَ: قَالَ عَبْدُ اللَّهِ بْنُ مَسْعُودٍ: عَلَى قِرَاءَةِ مَنْ تَأْمُرُونِّي أَقْرَأُ، «لَقَدْ قَرَأْتُ عَلَى رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِضْعًا وَسَبْعِينَ سُورَةً، وَإِنَّ زَيْدًا لَصَاحِبُ ذُؤَابَتَيْنِ يَلْعَبُ مَعَ الصِّبْيَانِ»

5064 - أَخْبَرَنِي إِبْرَاهِيمُ بْنُ يَعْقُوبَ، قَالَ: حَدَّثَنَا سَعِيدُ بْنُ سُلَيْمَانَ، قَالَ: حَدَّثَنَا أَبُو شِهَابٍ، قَالَ: حَدَّثَنَا الْأَعْمَشُ، عَنْ أَبِي وَائِلٍ قَالَ: خَطَبَنَا ابْنُ مَسْعُودٍ فَقَالَ: «كَيْفَ تَأْمُرُونِّي أَقْرَأُ عَلَى قِرَاءَةِ زَيْدِ بْنِ ثَابِتٍ بَعْدَ مَا قَرَأْتُ مِنْ فِي رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ بِضْعًا وَسَبْعِينَ سُورَةً، وَإِنَّ زَيْدًا مَعَ الْغِلْمَانِ لَهُ ذُؤَابَتَانِ»


Mousnad de l'imâm Ahmad


3697 - حَدَّثَنَا وَكِيعٌ، حَدَّثَنَا سُفْيَانُ، عَنْ أَبِي إِسْحَاقَ، عَنْ خُمَيْرِ بْنِ مَالِكٍ، قَالَ: قَالَ عَبْدُ اللَّهِ: «قَرَأْتُ مِنْ فِي رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبْعِينَ سُورَةً، وَزَيْدُ بْنُ ثَابِتٍ لَهُ ذُؤَابَةٌ فِي الْكُتَّابِ»


4330 - حَدَّثَنَا عَفَّانُ، حَدَّثَنَا حَمَّادٌ، عَنْ عَاصِمِ بْنِ بَهْدَلَةَ، عَنْ زِرِّ بْنِ حُبَيْشٍ، عَنْ ابْنِ مَسْعُودٍ، قَالَ: «أَخَذْتُ مِنْ فِي رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ سَبْعِينَ سُورَةً، وَلَا يُنَازِعُنِي فِيهَا أَحَدٌ»


4372 - حَدَّثَنَا يُونُسُ، حَدَّثَنَا حَمَّادٌ يَعْنِي ابْنَ سَلَمَةَ، عَنْ عَاصِمٍ، عَنْ زِرٍّ، عَنِ ابْنِ مَسْعُودٍ، قَالَ: «أَخَذْتُ مِنْ فِي رَسُولِ اللهِ صَلَّى اللهُ عَلَيْهِ وَسَلَّمَ، سَبْعِينَ سُورَةً لَا يُنَازِعُنِي فِيهَا أَحَدٌ»
klmùk
















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Je vais séparer cet article en deux insha Allah je pense qu'il ne faut pas mélanger la fatiha avec les mou'awidhatayne, c'est plus simple à traiter. Tu as toi même fais deux divisions dans ton articles.

3 -

Lorsque l’on parle du thème de la préservation Coranique, il n’y a pas un polémiste au monde qui ne mentionne le cas du compagnon Ibn Mas’oud (que Dieu l'agrée) pour appuyer son avis. Le problème est double dans ce sujet puisqu’il y a d’un côté ceux qui pointent du doigt le fait qu’Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) n’était pas d’accord avec le Canon officiel et de l’autre côté, certaines personnes qui se réclament de l’Islam et qui l’accusent d’être mécréant pour rejet d’une partie du texte Coranique. Dans ce cas, il faut séparer la réponse en deux parties et vérifier si toute cette histoire le concernant est véridique, probable ou inventée. Il faut tout d’abord signaler qu’il serait LE SEUL Compagnon parmi tous les autres à avoir un Canon du Coran différent de celui de base dans son Codex. Le cas d’Ubayy ibn Ka’b (que Dieu l’agrée) n’entre pas ici en ligne de compte puisque son Mushaf (livre) personnel a non pas deux Sourates en plus comme beaucoup ont tentés de le faire croire, mais deux invocations intégrées dedans (voir article le concernant). Ce qui montre assurément que le cas d’Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) est un cas isolé (shadh) si cette histoire est vraie bien entendu. Donc la réponse au titre de l’article par ce fait est bien évidemment négative puisque TOUS les autres Compagnons (que Dieu les agréés) sont d’accords avec le Canon Prophétique du Coran.


Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) avait-il un Canon du Coran différent des autres ?


Il existe plusieurs sources Islamiques sur la question : les Akhbar (informations rapportées) le concernant, les Athar (récits provenant des Compagnons et de la génération suivante), les Hadiths (traditions Prophétiques) et l’Histoire !


Le plus gros problème pour dénouer cette accusation à son encontre, est que les sources rapportées, toutes authentiques qu’elles soient, sont CONTRADICTOIRES. C’est pour cela qu’il faut toujours suivre une méthodologie avec ce qui n’est pas du Coran en confrontant l’information avec la raison, le Coran, la tradition Prophétique notoire (Sunna Mutawatira) et le Consensus des savants (Ijma’) comme l’a dit al-Khatib al-Baghdadi dans son livre “al-Faqih-wal Mutafaqih” page (...) . Dans cette affaire, il n’y a pas de renvoi, ni à la raison, ni à la Sunna Mutawatira ni au consensus puisque parmi les savants, il n’y en a aucun comme nous allons le voir si Dieu le permet.


L'ambiguïté est la suivante : il est rapporté dans certains textes Islamiques que Ibn Mas’oud ne considérait pas les Sourates 113 et 114 (al-Mu’awidhatayn) comme faisant parti du Coran. D’autres textes plutôt historiques, rapportent quant à eux, que le Codex d’Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) ne comporte ni les Sourates 113 & 114, mais aussi la Sourate 1 (al-Fatiha). La conclusion est que ce compagnon a un Coran différent de celui du reste des musulmans. L'ambiguïté continue puisque s’il rejette ces textes comme ne faisant pas parti du Corpus Coranique, il sort de l’Islam instantanément. C’est une accusation très grave qui mérite de s’y attarder avec minutie et précision.


Commençons par la base pour répondre à cette ambiguïté gravissime, le Coran. La question à poser est la suivante : Comment Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) pouvait ne pas accepter la Sourate al-Fatiha, la Sourate 1 du Coran, alors que le Coran lui-même fait référence à la révélation de cette Sourate :


Nous (Dieu) t'avons (Muhammad) certes donné "les sept versets que l'on répète" (al-Fatiha), ainsi que le Coran sublime(Sourate 15,87)


Tout le monde lisait et récitait cette Sourate. Ibn Mas’oud serait-il passé à côté ? Pour répondre à cela rien de mieux que de le laisser lui-même commenter ce verset selon une tradition rapportée par l’Imam as-Suyuti citant Ibn Jarir at-Tabari, Ibn Dhurays, Ibn Munzar et Ibn Mardawayh qui l’ont rapportés :


Il est rapporté par Ibn Mas'oud, concernant la Parole d'Allah : "Nous t’avons donné les sept versets répétés” qu’il (Ibn Mas’oud) a dit: "[Il s’agit] de la Fatiha al-Kitab” (l’ouverture du Coran, la Sourate al-Fatiha) (Durr al-Manthur 5/94, édition Dar ul-Fikr)


Selon sa propre parole rapportée, il reconnaît lui-même que les 7 répétés sont les versets de la Sourate numéro 1, la Fatiha. Une autre opinion rapportée comme étant d’Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) dit qu’il s’agirait des 7 Sourates les plus longues. L'exégète Ibn Kathir dit dans son Tafsir de la Sourate 15,87 que l’un n’empêche pas l’autre. Il appui ensuite le fait que la première opinion serait la plus véridique par 2 Hadith authentiques du Sahih al-Bukhari que voici :


- Dans ce premier Hadith, il est dit que le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) appela l’un de ses Compagnons qui priait, quant il eut finit il vint le retrouver et lui demanda ce qu’il lui voulait. Le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) lui dit : “Je vais t’apprendre la plus sublime des Sourates du Coran avant que je sorte de la mosquée”. Mais lorsqu’il sortait de la mosquée, je lui rappelais ce qu’il m’a dit. (Le Prophète lui dit) : “C’est la Sourate : “Louange à Allah, Seigneur de l’univers...” Elle est les 7 versets que l’on répète et le Coran sublime que j’ai reçu.”

- Dans le second Hadith, il est dit que le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : “L’archétype du Coran est les 7 versets que l’on répète et le Coran sublime que j’ai reçu”. Ibn Kathir dit que dans ce dernier Hadith, il y a une preuve claire qu’il s’agit de la Fatiha (voir son Tafsir, “Exégèse du Noble Coran”, éditions Universel 2013, Tome 3, pages 2255-2256). Ibn Kathir rapporte d’autres Hadith authentiques ou de moindre authenticité pour appuyer que la Fatiha est bien les 7 versets répétés de la Sourate 15,87, dans son commentaire de la Sourate 1 (voir son Tafsir, “Exégèse du Noble Coran”, éditions Universel 2013, Tome 1, pages 26-29)


De plus, il est à signaler que cette attaque sur ce Compagnon (que Dieu l’agrée) est due à des rapports historiques disant qu’il n’y avait pas la Sourate 1 dans CERTAINES copies du Codex d’Ibn Mas’oud (Ibn al-Nadim, al-Fihrist, page 57-58). A l’inverse, Ibn an-Nadim qui rapporte cette donnée, fait aussi dans son livre al-Fihrist en bas de la page 26 le commentaire suivant qu’il a vu lui-même un Manuscrit d’Ibn Mas’oud qui datait de 2 siècles avant lui et qui contenait la Sourate 1 ; Ibn an-Nadim vivait au 10ème siècle soit 3 siècles après Ibn Mas’oud, donc il a vu une copie très ancienne si elle datait de deux siècles avant lui, mais elle reste tout de même aussi une copie et non l’original. Il dit aussi J'ai vu un certain nombre de Manuscrits Coraniques, que les scribes rapportent comme étant ceux d'Ibn Mas'oud. Pas deux de ces copies ne sont semblables et la plupart d'entre elles sont sur du ​​parchemin mal effacé (Ibn an-Nadim, al-Fihrist, page 57). Dans ce témoignage, nous voyons 2 choses importantes, la première est que les copies différaient entres elles au point qu’aucune n’est identique à l’autre. Ceci rappel le commentaire fait par les plus grands spécialistes de la critique textuelle des Manuscrits de la Bible qui affirment sans retenue que pas deux manuscrits Bibliques ne sont identiques (voir par exemple Bruce Metzger dans son livre “A Textual Commentary of The Greek New Testament”, 2nd édition 1994, page 10). La deuxième chose qui est importante est le signalement que la plupart de ces copies sont des Palimpsestes, autrement dit des textes écrits sur du parchemin qui contenait avant lui un autre texte et que l’on a effacé avec les moyens du bord de l’époque. Ibn an-Nadim dit qu’en plus il a vu de lui-même ces copies et que le texte de base a été mal effacé. Comment prendre ce témoignage sur l’absence de la Sourate 1 dans de telles conditions ? Il existe 2 listes des Sourates manquantes dans le Codex d’Ibn Mas’oud, celle d’Ibn an-Nadim dans son Fihrist page 26 et une autre dans al-Itqan de l’Imam as-Suyuti à la page 151. Les deux listes ne sont pas identiques, sauf sur la Sourate 1, 113 et 114. Il faut signaler tout de même que d’autres Sourates n’apparaissent pas en compilant les deux listes : les Sourates 15, 18, 20, 27, 42, 50, 57, 69 et 99. Certes en les regroupant celles manquantes dans al-Fihrist se retrouvent dans al-Itqan et inversement, mais les deux listes non regroupées sont différentes dans le contenu. A la page 152 de al-Itqan, il est dit dans une note que le Codex d’Ibn Mas’oud contient la “Basmallah(“Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux”, formule qui débute chaque chapitre du Coran sauf la Sourate 9) à la Sourate 9 qui n’est pas dans le Coran actuel. Il est vrai qu’il existe des Manuscrits où elle est mentionnée à l’emplacement de cette Sourate, mais avec un commentaire disant “la taqra(“ne lis pas” (la Basmallah qui est écrite)). Ce n’est donc pas un argument faisant force ! De plus, dans ces pseudos Codexs Mas’oudiens, il y a plusieurs lectures Shi’ites que les spécialistes ont remarqués (voir par exemple al-’Azami dans son livre “The History of the Qur’anic Text” à la pages 197-198 citant Abu Hayyan an-Nahawi sur la question). Cela parle de ‘Ali (que Dieu l’agrée) et des Ahl ul-Bayt (les Gens de la maison (famille) du Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui)), et bien que nous les respectons et honorons tous sans exceptions, ces textes ne sont pas dans le Coran et sont des interpolations ou commentaires ultérieurs de ce groupe de l’Histoire de l’Islam. C’est pour cela que les Shi’ites de cette époque appréciaient particulièrement le Codex d’Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée), ce qui amplifie davantage la prudence à avoir quant à ce texte. Voici 2 exemples de verset qui se trouvent dans ce Codex :


"Car, assurément, Dieu a choisi Adam, Noé, la maison d'Abraham, et la maison de Muhammad au dessus de tous les êtres."


"N'avons-nous pas élargie ta poitrine et enlever ton fardeau? N'avons-nous pas exalté ta renommée par ‘Ali ton cousin ?"


Ce Codex selon Arthur Jeffrey qui l’examina de fond en comble, contiendrait plus de 1700 variantes d’avec le texte du Coran actuel dont plus de 99% sont insignifiantes.


La question est de savoir pourquoi Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) n’a t-il pas mit dans son Codex la Sourate al-Fatiha ? Parce que le vrai problème n’est pas la reconnaissance ou non de la Fatiha comme faisant parti du Coran, mais plutôt comme faisant parti de son Codex personnel. Cette question lui fut déjà posé et il y répondit aisément, éclaircissant ce point :


“‘Abdullah bin Mas'ud a été interrogé sur la raison de ne pas écrire la Fatiha dans son Mushaf. Il répondit: “Si je devais l’écrire, je l'aurais écrite avant chaque sourate”. Abu Bakr ibn Dawoud explique cette parole en spécifiant que chaque raka'a (unité de prière) commence par al-Fatiha. Ibn Mas’oud dit aussi “Je me suis contenté de permettre aux musulmans de la préserver - en l’apprenant par coeur - par le fait de ne pas l’écrire” (voir Tafsir Ibn Kathir, “Exégèse du Noble Coran”, éditions Universel 2013, Tome 1, page 26). L’Imam al-Qourtoubi, dans son exégèse “al-Jami’ al-Ahkam al-Qur’an”, éditions Dar al-Kutab al-Misriyah 1964, volume 1, page 115, rapporte la même chose.


Autrement dit, puisque la Sourate est répétée à chaque unité de prière, pour lui, il aurait du la transcrire avant chaque Sourate dans son Codex personnel (pour respecter l’ordre de la prière). Après, c’est son Codex personnel, il fait ce qu’il veut dedans, comme certains autres Compagnons qui ajoutèrent des commentaires dedans ou encore des invocations. Cela ne remet pas en cause son acceptation, bien au contraire, le texte dit même que tellement qu’il croyait en cette Sourate, qu’il aurait du la mettre devant chacune des autres, donc il préféra ne pas la mettre du tout. Allons plus loin, en Islam, la prière à des piliers et parmi l’un de ses piliers est la récitation de la Sourate al-Fatiha, si Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) ne reconnaissait pas la Sourate al-Fatiha comme du Coran, d’une part il serait sorti de l’Islam et de l’autre il n’aurait pas pu prier avec les autres ni tout seul car sa prière aurait été nulle et non avenue. Abu Bakr Ibn Dawoud souligne ce fait que justement pour Ibn Mas’oud elle est nécessaire à chaque unité de prière en analysant sa parole.


Il est donc clair que pour la Fatiha, Ibn Mas’oud la reconnaissait et qu’il ne la pas inclue dans sa copie personnelle seulement.


Passons au cas des Mu’awidhatayn (Sourates 113 & 114)


Il faut rappeler une fois de plus que le Coran ne s’est pas transmit par les Manuscrits contrairement au texte de la Bible. La transmission orale est la méthode de préservation du Coran depuis le début de l’Islam. Il existe (se référer à l’article traitant de la question des “Qira’at” (lectures) sur le site) 10 façons de réciter le Coran reconnue unanimement chez les savants musulmans à quelques exceptions prêt. Et parmi ces 10 lectures attestées de manière notoire, 4 remontent au Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) par Ibn Mas’oud et TOUTES sans exceptions (d’ailleurs comme les 6 autres) contiennent et la Sourate 1 et les Sourates 113-114. Même les Lectures non acceptées (Shawadhdh, Batila, Moudraj …) les comportes ! C’est la preuve la plus manifeste que ces Sourates sont du Coran puisque les disciples d’Ibn Mas’oud nous ont rapportés de lui ces lectures. Voici les 4 Qira’at passant par Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) et qui sont rapportées par l’une des plus grandes sommités en matière de lecture du Coran de l’Histoire Islamique, Shams ed-Din Ibn al-Jazari, dans on livre de référence “an-Nashr fi Qira’at al-‘Ashr” :


- La Qira’a de ‘Asim (page 155)

- La Qira’a de Hamza (page 165)

- La Qira’a de Kisa’i (page 172)

- La Qira’a de Khalaf (page 185)


(a verifier et voir si ajout de la qira’a ya’qoub ibn ishaq al-khidrami si eleve de ‘Asim)


Étant donner qu’elles sont rapportées à travers des chaînes notoires (mutawatira), toutes les traditions rapportées de manière singulière (ahad) et qui contrediraient ce fait, sont à rejeter obligatoirement. Prenons ensuite un autre argument de taille, un Hadith rapporté par at-Tabarani dans son livre “al-Awsat” avec une bonne chaîne de transmission, SELON Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) qui dit que le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit :


آيات لم ينزل على مثلهن المعوذتين


Il y a des versets qui m’ont été révélées, et qui ne furent pas révélés à d’autres avant moi, [et ils sont] al-Mu'awidhatayn (Rapporté par at-Tabarani et aussi dans Kanz al-’Ummal au Hadith n°2743).


L’Imam al-Haythami a dit dans on livre “Majmou' Az-Zawa'id, Volume 7, au n°152, que les hommes de la chaîne de transmission sont tous digne de confiance. L’Imam ash-Shawkani dit la même chose dans son livre “Tuhftatil Dhakirin, page 444.


Le même Hadith est rapporté dans le Sahih Muslim selon d’autres Compagnons (que Dieu les agrées). Nous avons donc un rapport singulier (ahad) qui confirme que ce sont bien des versets révélés, nous avons aussi les 4 Qira’at passant par Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée). Qu’avons nous en face et qu’en disent les savants ? Il existe plusieurs traditions singulières (ahad) qui disent qu’Ibn Mas’oud rejetait les Sourates 113-114 du Coran.


1/ Zirr a dit “J'ai dit à Ubayy: “Ton frère Ibn Mas’oud les effaces (Sourates 113 et 114) de son Mushaf ", et il (Ubayy) n’objecta pas.” (Rapporté par l’Imam Ahmad dans son Musnad, Hadith n°21189)


Cette tradition ne peut pas être utilisée contre Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) pour plusieurs raisons :


a/ Le texte est rapporté de Zirr et de ‘Asim entre autres dans la chaîne. Ce sont les mêmes personnes qui rapportent la Qira’a selon Ibn Mas’oud et il s’avère qu’elle contient les 114 Sourates du Coran. Si ce texte singulier est prit en compte, alors la Qira’a de Hafs ‘an (d’après) ‘Asim s'écroule et 90% des musulmans actuels lisent un coran corrompu.


b/ Le Matn (contenu) de la tradition rapportée parle du Codex personnel d’Ibn Mas’oud et non de l’acceptation ou non de ces Sourates dans le Coran.


c/ Il est impossible qu’Ubayy (que Dieu l’agrée) ne fit aucune objection s’il s’agissait de comprendre que Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) rejetait ces Sourates du Coran, sachant qu’en Islam, la personne devient un apostat sur le champ. Ou bien il s’agit du fait qu’il ne les as pas mit dans son Codex seulement, ou bien encore, Ubayy rejetait aussi ces Sourates comme un autre texte du Sahih al-Bukhari que nous verrons si Dieu le permet semble l’indiquer, mais qui contredit absolument tout ce qui est rapportée sur Ubayy (que Dieu l’agrée)


2/ ‘Abd ar-Rahman ibn Yazid rapporte que Ibn Mas’oud a effacé al-Mu'awadhatayn de son Codex et a dit qu'elles ne faisaient pas partie du Coran (Rapporté par l’Imam Ahmad dans son Musnad, Hadith n°21188 et dans le Mu’jam al-Kabir d’at-Tabarani)


Ce texte est d’une part très singulier (ahad) et seulement Ibn Yazid rapporte ce fait, mais il est aussi isolé (shadh) et défectueux (mu’allal) parce qu’il contredit des rapports authentiques notoires (mutawatir). Ce texte, bien qu’il fut authentifié au niveau de sa chaîne de transmission par Ibn Hajar par exemple, est rejeté pour sa contradiction solitaire. Si l’on reprend la terminologie du Hadith (Mustalah al-Hadith), il est très bien expliqué que même avec une chaîne authentique, si le rapport singulier contredit d’autres textes notoires, le rejet du Hadith est systématique car il comporte une défectuosité (‘illah) dans son contenu (voir par exemple le livre Mustalah al-Hadith d’Ibn Salah ou son livre Kitab Ma’rifat ‘anwa’ ‘ilm al-Hadith ou bien n’importe quel autre livre de terminologie du Hadith). Que peut bien faire ce texte fasse aux Qira’at passant par Ibn Mas’oud ? Si même nous le mettions face au hadith tout aussi singulier que lui rapporté chez Tabarani, alors ils s’annuleraient et il ne resterait que les Qira’at qui elles contiennent toutes ces Sourates.


Deux autres textes dans le Musnad d’Ahmad rapportent exactement la même chose.


3/ Zirr selon ‘Asim a dit : “J’ai interrogé Ubayy ibn Ka’b en lui disant : “Abou al-Moundhir ! Ton frère Ibn Mas’oud dit tel et tel propos (au sujet des Mu’awidhatayn). Il me dit : J’ai interrogé le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) à ce sujet, il me dit : “c’est ce qu’on m’a dit et c’est ce que j’ai transmis!” Alors nous disons comme a dit le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui)” (Rapporté par al-Bukhari dans son Sahih, Hadith n°4977, éditions al-Qalam 2006,  Tome 3, page 1237)


Le même hadith avec une autre chaîne de transmission mais qui contient toujours Zirr et ‘Asim se trouve dans le Sahih de Bukhari au n°4976 mais sans la mention d’Ibn Mas’oud et de son cas.


Plusieurs problèmes apparaissent dans ce texte même s’il est dans le Sahih d’al-Bukhari :


a/ Le matn (contenu) est corrompu et le texte est incompréhensible comme il est écrit dans le Sahih actuellement. Ce qui est entre parenthèses est un ajout explicatif du traducteur et ne figure pas dans le texte. Il y eut un tadliss (le fait de cacher une information) à un moment donné sûrement pour protéger l’honneur du Compagnon en question. Ce qui parait étrange, c’est que le Cheikh de l’Imam al-Bukhari, al-Humaydi, dans son Musnad au Hadith n°378, rapporte le même texte avec la même chaîne de transmission, mais avec le texte complet. Dans ce cas là, le texte tel qu’il est dans sa forme actuelle au sein du Sahih est faux et il faut aller chercher la vraie version chez l’un de ses professeurs. Sinon il est impossible de savoir de quoi il parle. D’ailleurs le titre du Bab (chapitre) parle des Sourates protectrices (113-114), c’est que Bukhari les incorpora ici en connaissance de cause et savait à quoi renvoyait ce texte.


b/ Le même problème que dans le Musnad de l’Imam Ahmad qui d’ailleurs fut aussi l’un des professeurs de l’Imam al-Bukhari, se retrouve dans ce texte, à savoir ‘Asim rapporte de Zirr qui tous les deux sont dans la Qira’a d’Ibn Mas’oud ce qui devient problématique.


c/ Ce rapport tout aussi Sahih qu’il est dans la chaîne de transmission est singulier (ahad), isolé (shadh) et contient une défectuosité (mu’allal) par rapport aux Qira’at notoires rapportées d’Ibn Mas’oud même (que Dieu l’agrée).


Les implications du non rejet de ce texte su Sahih al-Bukhari sont les suivantes :


- Le narrateur lui-même, Zirr, avait l’air embarrassé par ce problème concernant Ibn Mas’oud.

- Ubayy lui répond que “nous(lui et Ibn Mas’oud) croyons cela (à savoir que les Sourates 113-114 ne font pas parti du Coran). Le grand commentateur du Sahih de Bukhari, Ibn Hajar, dans son livre Fath ul-Buri fut lui aussi dans la problématique et déclara que le rapport contient une ‘illah (défectuosité) dans le pronom et que ce n’est pas “nous” mais “je” qu’avait du dire Ubayy. Avec tout le respect que nous avons pour ce grand commentateur, c’est une conjecture sans fondement et ce n’est pas ce que dit le texte. Ceci veut dire textuellement qu’Ibn Mas’oud et Ubayy ibn Ka’b croyaient en cela. Pourtant le Codex d’Ubayy contient les Sourates 113 et 114 ce qui réfute ce Hadith.

- Il est dit, et là c’est très grave, que c’est ce que dit le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) et qu’ils dirent ce que lui-même avait dit. Ici, le sujet devient brûlant, ou bien le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) ne savait pas que ceci était de la révélation et disait que ce n’en n’était pas, dans ce cas tous les musulmans au monde sauf, Ubayy et Ibn Mas’oud ne sont pas des apostats qui ont ajoutés au Coran, ou bien l’absurdité grimpe à son paroxysme et ce sont ces 3 là plutôt qui sont apostats. Dans ce cas là, l’apostolat Prophétique s’effondre et l’Islam aussi

- Si Ubayy et Ibn Mas’oud ont raison en suivant le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) comme il est dit, alors les Qira’at s'effondrent car TOUTES ont ces Sourates en leur sein et donc tous les Coran du monde sont corrompus.

- Si le texte fut tadlisser (cacher en partie) ou tahrifer (falsifier), c’est qu’il posait un sérieux problème. Le Hadith comme il est dans le Sahih est incompréhensible et on ne sait pas de quoi il parle, ni de quel sujet ni ce qui fut dit par le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui).

- Certains savants ont tentés de défendre absolument ce texte sans vraiment réfléchir profondément aux implications et conséquences engendrées, mais d’autres ayant vu le problème le rejetèrent sciemment.


Il est Wajib (obligatoire) de rejeter ce Hadith du Sahih al-Bukhari, car il est un témoin que le Coran est Muharraf (falsifier) si on le prend à la lettre et c’est de la mécréance. Voilà pourquoi un paquet de Chouyoukh (maîtres) ont dit que ceci était un mensonge et une fausseté, car les implications sont énormes et les contradictions avec le reste sont insolubles. Ce texte un un kadhib (mensonge) et un Mawdou’ (invention) dans le Sahih !


Questionons-nous !


Comment pourrait-il (Ibn Mas’oud) ne pas considérer ces Sourates comme Coraniques alors qu’il a lui même définit une règle importante :


"Celui qui rejette une seule lettre du Coran, il (est comme celui qui) a rejeté son ensemble." (Rapporté par ‘Abd ar-Razzaq as-San’ani, Hadith n°15946)


Ou encore cette méthodologie qu’il utilisait lors de différent avec d’autres Compagnons :


Ibn Mas’oud rapporte : “Nous différions sur une Sourate. Nous avons divergé pour savoir si elle a trente-cinq versets ou trente-six versets. Donc nous sommes allés voir le Messager de Dieu (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) [pour clarifier la question]” …” (Rapporté par l’Imam Ahmad dans son Musnad, Hadith n°832)


Si pour une simple numérotation de verset il allait consulté le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui), comment ne pourrait-il pas aller le trouver pour 3 Sourates entières ?


Que dire de ses élèves principaux tels que ‘Alqama, al-Aswad, Masrouq, as-Sulami, Harith, Abi Wa’il, ash-Shaybani, al-Hamadani ou encore Zirr qui rapportent tous sans exceptions les 114 Sourates de leur maître ?


Le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) a encouragé les gens à aller vers les meilleurs en matière de Coran, parmi eux se trouve Ibn Mas’oud et Ubayy. Dans ce cas, le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) aurait envoyé les gens vers des personnes qui ont un Coran différent ce qui est absurde puisqu’il les qualifia des plus experts en la matière :


Le Prophète (paix et bénédictions de Dieu soient sur lui) a dit : “Apprenez le Coran de quatre personnes, à savoir : ‘Abdallah Ibn Mas’oud, Salim (Ibn Ma’qil) l’affranchi d’Abou Houdhayfa, Ubayy Ibn Ka’b et Mou’adh Ibn Jabal” (Rapporté par al-Bukhari dans son Sahih, Hadith n°3760. Voir aussi Hadith n°3758 / 3806 et 4999)



Que disent les savants ?


Il y a divergence d’avis parmi eux et ils se divisent en 3 catégories :


- Ceux qui considèrent que toutes les traditions rapportées sur ce fait sont un mensonge et une invention sur Ibn Mas’oud comme par exemple l’Imam an-Nawawi qui dit “La communauté a accepté que les Mu'awidhatayn et la Fatiha font partie du Coran et celui qui nie cela devient un mécréant. Et tout ce qui est cité sur Ibn Mas’oud à cet égard n'est pas vrai.” (voir al-Itqan de l’Imam as-Suyuti 1/270). Abu Hafs ‘Umar an-Nu’mani a dit “Le rapport de cette opinion d’Ibn Mas’oud est faux et mensonger” (al-Bab fi ‘Ulum al-Kitab 1/249). Muhammad ibn Nizamuddin al-Ansari a dit : “Attribuer le rejet d'al-Mu'awidhatayn du Coran à Ibn Mas’oud est une grave erreur. Et quiconque lui attribue une telle chose, sa chaîne de transmission n'est pas fiable par rapport aux chaînes qui furent acceptées collectivement par tous les savants. Cela souligne que l'attribution de ce rejet à Ibn Mas’oud est fausse” (Fawatih ar-Rahmut bi Sharh Musallam ath-Thabut 2/12). Al-Khifaji dans son commentaire du Tafsir d’al-Beidhawi dit ce qui suit : "Et ce qui est rapporté d'après Ibn Mas’oud que la Fatiha et les Mu'awidhatayn ne sont pas de Coran n'a aucun fondement." (Al-'Inaya al-Qadhi 1/29). D’autres savants ont dit la même chose comme Ibn Hazm dans al-Muhalla (1/13), Abu Bakr Ibn al-’Arabi (voir al-Itqan de l’Imam as-Suyuti 1/270), L’Imam ar-Razi dans son Tafsir Mafatih al-Ghayb (1/150), al-Baqillani dans “al-I’jaz al-Qur’an” pages 291-292 et dans “al-Intisar” pages 190-191. Le Cheikh al-Kawthari dans le livre “Maqalat al-Kawthari” à la page n°16, le Cheikh al-’Azami, l’un des spécialistes actuels de l’Histoire du Coran et un Muhaddith, dans son livre “The History of the Qur’anic Text” pages 195-208. Le Cheikh Soudanais Ahmad ‘Ali al-Imam, l’un des autres grands spécialistes de la question des variantes de lecture et de l’Histoire du Coran dans son livre “Variant readings of the Qur’an” pages 50-52. Le Cheikh Muhammad Taqi ‘Uthmani, l’un des plus grands spécialistes contemporains de la question des Sciences du Coran dans son livre “An approach to the Qur’anic Sciences” pages 235-239 et bien d’autres.


- Ceux qui acceptent ces rapports comme authentiques, mais disent qu’il a changé d’avis plus tard au cour de sa vie puisque les Qira’at qui sont rapportées de lui contiennent les 114 Sourates comme Ibn Hajar dans “Fath ul-Bari” volume 8, page 13 ou encore Nur ed-Din al-Haythami dans “Majmou’ az-Zawa’id” Volume 7, page 149 par exemple et d’autres.


- Ceux qui considèrent qu’Ibn Mas’oud était seul dans cet avis et qu’il ne fut pas suivit par ses disciples et qu’il ne faut pas le suivre.


Le problème des deux derniers avis mettent ce Compagnon dans une drôle de situation, il fut donc apostat durant un laps de temps pour les uns ou tout le temps pour les autres puisque le rejet d’un verset du Coran te sors de l’Islam selon la règle générale. Le premier avis est celui qui est le plus conforme à la vérité puisqu’il y a l’appui des 4 Qira’at, de traditions singulières et de la logique.



Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée) était-il Kafir (mécréant) ?


Cette accusation par certains découle de l’étude que nous venons de présenter. Si c’était son avis et qu’il est mort ainsi, il sors de l’Islam selon les critères établis et la règle générale comme l’explique al-Baqillani dans al-Intisar pages 190-191 sur le cas d’Ibn Mas’oud (que Dieu l’agrée). Mais nous avons vu que les traditions et l’histoire rapportées à cet effet ne font aucun poids dans la balance de la critique des sources et que bon nombre de grands savants ont déclarés ces rapports comme inventés et mensongers même s’ils sont Sihah (authentiques), puisqu’un texte peut-être Sahih selon le Sanad (chaîne de transmission) mais pas par le Matn (contenu), il peut être Sahih dans le Matn mais pas dans le Sanad et il peut être Sahih par les deux en même temps. La réponse à cette question de sa mécréance, tout du moins sous le rapport de la critique des sources est catégorique : NON. Sinon, comment prendre son Hadith, comment prendre le Coran de lui-même via les Qira’at etc...


Pour conclure, en partant de très loin, du principe que ces rapports sont vrais, dans ce cas cela n’engage rien sur la préservation du Coran et n’engage que sa copie et sa pensée personnelle puisqu’aucun de ses élèves ni personne d’autres ne l’a suivit en cela (d’où l’étrangeté de ces rapports). Si ce n’est pas le cas et à coup sure cela ne l’est pas, il n’y a donc plus de problèmes de ce côté là sur la préservation du Coran et les Historiens et Islamologues ou Polémistes doivent cesser leurs ambiguïtés sur ce point.


Il semblerait en définitive que ceci est peut-être du à cause du fait qu’il ne les écrivit pas dans sa copie personnelle et que certains aient mal compris et transmis une information erronée aux suivants. Pour notre part, après examen des sources, il ne fait aucun doute que ces rapports sont une fausseté manifeste.


Et Dieu sait mieux la vérité

















Ahmad, al-Bazzar, al-Tabarani, and Ibn Mardawayh have narrated THROUGH SAHIH CHAINS concerning Ibn Abbas and Ibn Mas’ud that he (Ibn Mas’ud) used to rub off Surah al-Falaq and Surah al-Nas from the Qur’anic codex and used to say “DO NOT CONTAMINATE THE QUR’AN WITH WHAT IS NOT PART OF IT. BOTH SURAHS ARE NOT PART OF THE BOOK OF ALLAH. THE PROPHET ONLY ORDERED TO SEEK PROTECTION THROUGH THEM.” Ibn Mas’ud used NOT to recite the two Surahs


Suyuti said it's authentic.


Here hadith from Musnad of Bazzar

حدثنا الحسن بن يحيى الأرزي ، قال : حدثنا محمد بن أبي يعقوب الكرماني ، قال : حدثنا حسان بن إبراهيم ، عن الصلت بن بهرام ، عن إبراهيم ، عن علقمة ، عن عبد الله ، أنه كان يحك المعوذتين من المصحف ، ويقول : إنما أمر النبي صلى الله عليه وسلم أن يتعوذ بهما ، وكان عبد الله لا يقرأ بهما.


Here way from al-Kabir for similar narration.

حدثنا عبد الله بن أحمد بن حنبل، حدثنا الأزرق بن علي، حدثنا حسان بن إبراهيم، عن الصلت بن بهرام، عن إبراهيم، عن علقمة، عن عبد الله،"أنه كان يحك المعوذتين من المصاحف، ويقول: إنما أمر رسول الله صلى الله عليه وسلم أن يتعوذ بهما، ولم يكن يقرأ بهما".


In "Fiqh ar-Rida" (p 113):

وأن (المعوذتين) من الرقية، ليستا من القرآن دخلوها في القرآن و قيل: أن جبرئيل عليه السلام علمها رسول الله صلى الله عليه وآله (3). فإن أردت قراءة بعض هذه السور الأربع فاقرأ (والضحى) و (ألم نشرح) ولا تفصل بينهما وكذلك (ألم تر كيف) و (لايلاف) (4). وأما (المعوذتان) فلا تقرأهما في الفرائض، ولا بأس في النوافل


"Muawizatayn (suras al-Falaq and an-Nas) are ruqyas, NOT FROM QURAN. (Companions) put them in the Quran (by error). And it was said: Jibrail (alaihi salam) taught them to messenger of Allah (sallalahu alaihi wa ali). If you would like to read some from these 4 surahs, then read Duha and Alam Nashrah without break between them. And read also Fil and Quraish! But as for Muawizatayn, DON'T READ THEM IN OBLIGATORY PRAYERS, there is no harm in reading them in Nawafil"



ajouter le hadith ibn mas’oud qui dit qu’il connait chaque lieu et moment de revelation de chaque verset du Coran